Salon d’art contemporain de Montrouge
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art, art contemporain, éxposition
Vous êtes narcissique ? Rassurez vous, la 53ème édition du salon d’art contemporain de Montrouge qui rassemble du 24 avril au 14 mai 2008, les travaux de jeunes artistes français fait mieux que vous. L’exposition présente au rez-de-chaussée une sélection d’œuvres sur le thème de l’éphémère, du fugitif et du multiple. Et, le premier étage rassemble les découvertes de l’année.
En entrant dans la section “Ephémère”, nous découvrons que l’artiste Johanna Blin crée son propre exercice de style dans “Repentir” (2007-2008). Sa série de tableaux reproduit à la manière de copies d’écoliers, ses “repentirs”. Parmi les phrases recopiées inlassablement : « je ne coucherai pas avec ma galeriste dans l’espoir qu’elle me présente François Pinault (…) ». A quelques mètres, l’italien Federico Solmi met en scène dans une vidéo l’univers impitoyable d’un Vatican futuriste aux pulsions effrayantes. Le Pape “Urbain LXIX » de son “Evil Empire” (2007) est présenté en superman d’une Eglise décadente, pornographique et pédophile. La violence et la mort ponctuent une séquence mixée au goût de Quake III pimenté catho-fasciste. Les musiques de Mario et de Superman sont les seuls liens neutres entre ce futur médiéval et notre époque. Le choix de la vidéo et l’année investie pour l’animation ne laissent personne indifférent.
Photos, narcissisme et déssèchement
Pour la photographie, un Petit Prince est incarné par Hye Ryne Park dans sa série intitulée “Un garçon, il voyage” (2007). Il semble en effet n’être que de passage. Des lieux comme une chambre ou le jardin des Tuileries deviennent subitement intemporels. De son côté, Caro Worboys est un des rares à garder une trace de la vague Pop Art. Ses photos de portraits et paysages aux couleurs unies sont retravaillés au crayon.
Luc Barrovecchio, avec “Over Game Over” (2007), invite le visiteur à faire l’éloge de l’œuvre ou de de son auteur le plus longtemps possible afin de remporter un élément du jeu repris de Space Invaders. D’héritage plus classique, “L’enlèvement des Sabines” (2008) de Loïc Madec offre une réinterprétation du tableau de Poussin.
A l’étage des œuvres découvertes, la “Vénus timbrée” de Rach’Mell nous ferait presque croire que la Vénus de Milo est le modèle pour Marianne. La palme de la peinture surréaliste pourrait être décernée à Philippe Marcus pour son “There was a weird buddha skateboarding on the back of a tiger” (2007). La « rencontre fortuite, sur une table d’opération, d’une machine à coudre et d’un parapluie » du comte de Lautréamont prend ici une saveur psychédélique. D’autre part, le thème de l’empreinte est abordé par Laurent Delaire et Mirai Jeon. Le premier a placé au premier plan des “Maisons anadyomènes” et en arrière-plan un tableau qui montre leur ombre portée peinte. Dans son “My All” (2007), le second artiste génère une empreinte à dimension spirituelle cette fois. En quatre photos, le spectateur suit le dessèchement d’une empreinte humide générée par une ombre.
Au final, nous sortons de l’exposition à la manière d’un cosmonaute après un long voyage. De quoi nous rendre “pinaconaute” le temps d’une visite.
53ème Salon d’art contemporain de Montrouge
du 24 avril au 14 mai 2008, de 10h à 19h
entrée libre | 2 place Emile Cresp, Montrouge, Métro Porte d’Orléans, tél : 01 46 12 75 70





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L’image en miniature est une photo personnelle de “There was a weird buddha skateboarding on the back of a tiger” (2007) de Philippe Marcus.