La pratique du sport à l’université apparaît très peu développée en France au regard de nombreux pays voisins. Moins de 20 % des étudiants pratiquent régulièrement un sport au sein de leurs universités, mais près de 70 % d’entre eux expriment le désir de le faire selon le Ministère de l’Enseignement Supérieur.

C’est dans ce contexte que la ministre de l’enseignement supérieur, la ministre de la santé, de la jeunesse et des sports et le secrétaire d’Etat chargé des sports, ont confié à Stéphane Diagana et au Professeur Gérard Auneau, une mission sur le développement du sport universitaire. Cette mission s’appuie sur une double ambition : d’une part la nécessité de proposer plus de sport aux étudiants et de le valider dans leurs cursus, d’autre part d’encourager la pratique sportive en parallèle aux études dans un souci de santé publique.

Un rapport s’articulant sous cinq grands axes.

Dans un communiqué du 10 juillet 2008, Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur, déclare avoir reçu le rapport du Pr G. Auneau et S. Diagana, président de la Ligue professionnelle d’athlétisme, sur le développement du sport à l’université. Les propositions du rapport s’articulent autour de cinq grands axes qui visent à:

- Rendre le sport obligatoire pour tous les étudiants de licence à raison d’un semestre par diplôme dès 2009, pour revaloriser la pratique physique et sportive à l’université et redonner au sport une véritable place au sein de la formation universitaire.

- Instaurer un « droit sport » obligatoire dont le montant serait fixé par l’État (au même titre que les droits bibliothèques ou les droits de médecine préventive, acquittés en même temps que les droits d’inscription) afin de contribuer au financement de l’entretien des installations sportives.

- Mobiliser toutes les installations sportives existantes pour améliorer les conditions de pratique, par exemple en mutualisant l’utilisation des équipements scolaires, publics ou privés, à proximité.

- Créer un département « sport » dans chaque université, guichet unique qui vise à simplifier les démarches de l’étudiant en lui donnant un accès immédiat à la variété de l’offre

- Adapter des conditions d’études pour les sportifs de haut niveau à l’université afin de leur permettre l’exercice de leur sport, et la possibilité de reprendre leurs études à l’issue d’une carrière sportive. Et ce grâce à un contrat type du sportif de haut niveau et la mise en place d’une charte du haut niveau (expérimentés dans quelques universités candidates dès 2009) ou encore par le biais d’une politique de « labellisation Pôle France Université ».

Il s’agit d’assurer la reconnaissance du sport dans le cadre des cursus dispensés, de l’attractivité des universités, mais aussi dans une logique de santé publique.

Les propositions seront examinées au cours d’une concertation en automne, à l’issue de laquelle les décisions seront annoncées.

Qu’en pensent les présidents d’université ?

La Conférence des présidents d’Université (CPU) a pris connaissance du rapport sur le sport à l’université, remis par Auneau et Diagana. La CPU approuve la majorité des propositions du rapport et insiste en particulier sur la nécessité d’un réinvestissement massif de l’Etat.

Cependant, la CPU est fermement opposée à la mise en place d’une unité d’enseignement (UE) d’activités physiques et sportives obligatoire en licence, cela allant à l’encontre même du principe d’autonomie des universités. Les présidents sont très favorables à une pratique sportive étendue auprès des étudiants, le sport constituant un vecteur d’intégration sociale, de réussite académique et de santé indéniable. Néanmoins, cela ne peut en aucun cas passer, comme le préconise le rapport, par l’utilisation des crédits du « plan licence », que les universités ont déjà engagés pour mettre en œuvre des programmes pédagogiques cohérents.

Et les étudiants et professeurs de sports ?

Les étudiants sont assez partagés sur le sujet. Même si ils estiment que le sport est essentiel, certains pensent que cela ne devrait pas être rendu obligatoire car ce sont des adultes responsables, et donc autonomes. Quant aux professeurs de sports, eux trouvent que c’est une excellente idée que de rendre le sport obligatoire à l’université. Mais ils émettent des doutes sur la réelle possibilité de l’appliquer, du fait des capacités matérielles qui sont limitées.

Pour en savoir plus :

Rapport de S. Diagana et du Pr. G. Auneau :

http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2008/54/0/rapport-auneau-diagana_31540.pdf

Site Internet du ministère de l’enseignement supérieur :

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/

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